Evolution de l’abeille

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Comment l’abeille européenne est-elle arrivée là ?

Comme nous l’avons vu précédemment, l’abeille est bien plus ancienne que l’homme. A l’ère tertiaire, l’abeille peuplait donc l’Europe qui a connu beaucoup de transformations tant sur le plan climatique que géologique : transgressions et régressions marines, soulèvement des Alpes climat chaud, flores tropicales gagnant du terrain vers le Nord alors que la flore
existante (lauriers, châtaigniers, magnolias,… ) poussait au Groenland. Au cours des périodes glaciaires successives du quaternaire, les abeilles ont dû se replier dans des zones plus
clémentes, là où les plantes à fleurs existaient.

Des études sur l’ADN mitochondrial de l’abeille ont permis à Jean-Marie CORNUET, dans sa thèse “bases théoriques de l’amélioration génétique de l’abeille“, d’établir que la race ibérica apparaîtrait, non pas, selon certaines hypothèses, comme étant le vecteur d’un peuplement européen à partir d’un groupe africain mais comme une zone de contact entre les groupes d’abeilles africaines et européennes, remettant à jour l’hypothèse d’une in­vasion de l’Europe de l’Ouest par le Nord-Est.

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Et vous, dites-nous en plus sur les races que vous élevez !x

La sélection naturelle s’est opérée chez l’abeille à travers les âges. Le Professeur LOUVEAUX a mis en évidence la dépendance complète de l’abeille à son milieu, son adaptation aux floraisons selon un cycle bio­logique annuel en liaison avec le climat. C’est ainsi que l’abeille provençale introduite en Bretagne périclitait car la reine commençait sa ponte trop précocement, comme si, programmée génétiquement, elle se trouvait toujours en Provence.

Et aujourd’hui, quel est le patrimoine génétique des abeilles?

Ouvrant une ruche, l’apiculteur voit l’uniformité grouillante d’une belle famille. Oui, mais quelle familles ? Il y a certes là la mère aux 60 000 enfants, spécialisée depuis des millions d’années dans son rôle unique de super-pondeuse. C’est d’elle seule que dépend la force et la vitalité de la famille, relayée par l’incessant travail altruiste de toutes ses filles.

Et le père ou plutôt les pères, ils sont tous morts au champ d’amour. En effet, la reine-mère est polyandre, c’est-à-dire qu’elle a la faculté de s’accoupler avec plusieurs mâles. Ces derniers ou faux­-bourdons naissent d’un ovule qui n’est, génétiquement, qu’un demi­-oeuf. C’est pourquoi, on les qualifie d’hémizygote. Les faux-bourdons n’ont donc pas de père, c’est la reine-abeille qui les conçoit seule : c’est ce que l’on appelle la parthénogenése (du mot grec parthenos qui veut dire vierge). L’ovule qui donnera naissance au faux-bourdon est haploïde, c’est-à-dire n chromosomes alors que l’œuf d’un mammifère ère est diploïde, c’est-à-dire 2n chromosomes.

L’œuf d’abeille qui donnera naissance à une fille est diploïde alors que l’ovule qui donnera naissance à un mâle est haploïde, c’est-à-dire qu’il ne possède qu’un seul jeu de chromosomes que lui fournit la reine.

Mais, si les pères sont morts, comment peuvent-ils intervenir sur la fécondation?

Les abeilles, bien avant l ‘homme, ont inventé le moyen de conserver et de réactiver les spermatozoïdes le moment voulu. L’abeille reine possède dans son abdomen une poche appelée la spermathèque qui communique avec l’oviducte, là où est le passage obligé des ovules. Un petit clapet laisse passer quelques spermatozoïdes dont l’un réussira à se féconder avec l’ovule. Si le clapet ne s’ouvre pas, l’ovule restera haploïde et donnera naissance à un faux-bourdon.

Schéma de la génétique de l'abeille
Schéma de la génétique de l’abeille

On dit que l’espèce est haplodiploïde, un mot qui résume les deux façons pour la reine d’avoir des descendants. Les cellules germi­nales des reines abeilles contiennent 16 chromosomes venus de leur père. Ces cellules germinales aboutiront à différents types d’ovules à l’issue de plusieurs divisions successives. si on ne considère que les chromosomes de la paire n°1, on trouve à l’issue des divisions quatre types d’ovules :

  • 1 ovule possible avec un chromosome paternel,
  • 1 ovule possible avec un chromosome maternel,
  • 2 ovules possibles avec des recombinaisons (échanges entre paternel et maternel).

Comme notre reine abeille possède 16 paires de chromo­somes, on peut trouver à partir d’une seule cellule germinale initiale : 4/16 M types d’ovules soit 4 milliard 294 millions 967 milles 296. Ce sont ces ovules qui fourniront les mâles et malgré cette multitude de variations génétiques, ils ont un coefficient de parenté de 1/2 alors que des frères et des sœurs d’espèces diploïdes ont un coefficient de 1/4. On pourrait parler sur un plan génétique de super-frères.

Dans les espèces diploïdes il y a autant de types possibles de spermatozoïdes que d’ovules, chez les mâles abeilles provenant d’un seul jeu de chromosomes, il n’y aura pas réduction
du nombre de chromosomes, ni de brassage génétique, les chromosomes sont parfois appelés “célibataires”. Tous les spermatozoïdes ont bien 16 chromosomes, soit un seul jeu, provenant de la mère et tous géné­tiquement identiques à cet ovule maternel et à fortiori identiques entre eux.

La différence avec une espèce entièrement diploïde est énorme. Supposons une espèce diploïde avec 16 paires de chromosomes, la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde peut donner statisti­quement environ 4 milliards. de types d’ovules par 4 milliards de types de spermatozoïdes soit 16 milliards de types d’œufs. Chez l’abeille haplodiploïde : 4 milliards de types d’ovules par 1 seul type de spermatozoïdes soit 4 milliards de types d’œufs. L’absence de brassage génétique du côté paternel augmente le risque de consanguinité (accouplement entre individus apparentés) néfaste par beaucoup d’espèces.

Au cours de leur évolution, l’espèce des abeilles a déjoué le piège de consanguinité en dotant les mâles d’une capacité de vol de plus de 10 km, d’une vue perçante et dotant les abeilles reines de la faculté de polyandrie.

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