Histoire de l’apiculture

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Apiculture : période préhistorique

Avant de commencer l’histoire de l’apiculture, les abeilles vivaient à l’état naturel, cherchant refuge dans toutes les cavités qu’elles pouvaient découvrir, soit dans les rochers, soit le plus souvent dans les arbres creux.

Les hommes primitifs se sont bien vite rendu compte de tout le profit qu’ils pouvaient tirer du miel et de la cire mais pendant de longs siècles, les apiculteurs furent surtout des chasseurs qui se contentaient de repérer les essaims sauvages et de récupérer le miel et la cire par des méthodes que l’on imagine sans nul doute très barbares.

Il existe en Espagne, près de Valence, une grotte dans laquelle figure une peinture datant de l’époque néolithique représentant un personnage récupérant du miel dans une cavité de rocher.

Tant que l’homme eut une vie nomade, il se contenta de rechercher les essaims sauvages mais dès qu’apparurent les premiers villages, les constructeurs eurent besoin de bois. Ils conservèrent des morceaux de troncs d’arbres pour abriter les abeilles et les installèrent à proximité de leurs habitations.

Plus tard, les hommes utilisèrent des paniers en osier, en paille. Ils les endui­sirent de glaise pour rendre les ruches plus isolantes. C’est ainsi que prirent naissance les premiers ruchers.

Histoire de l'apiculture Apiculture

On peut donc estimer l’âge des abeilles à 60 millions d’années contre 3 millions pour l’homme. Les hyménoptères sont apparus après l’extension des plantes à fleurs dès le jurassique à l’ère secondaire (-150 millions d’années). Les fourmis seraient apparues au tertiaire vers -50 millions d’années. A l’oligocène, vers -37 millions d’années, de nombreux insectes, dont l’abeille, se sont fossilisés dans l’ambre de la Baltique qui provient des sécrétions résineuses des arbres.

Apiculture : période historique

Les premiers ruchers

Les Egyptiens et lès Grecs surent rationnellement exploiter ces insectes. Des textes grecs et latins nous permettent de connaître les méthodes utilisées à ces époques. VIRGILE, PLINE ou ARISTOTE nous ont laissé des écrits sur la connaissance de l’abeille à cette époque. Durant des siècles, les méthodes vont rester semblables à celles des Grecs ou des Gaulois. Beaucoup de villages possédaient des ruches et la production de miel était très importante.

La récolte de miel s’effectuait au printemps ou à l’automne. Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, on étouffait les abeilles pour récupérer les rayons. Dans un endroit paisible, le propriétaire installait une dizaine de ruches qui, durant l’été, se remplissaient de miel. L’automne venu, chacune était soupesée et les plus lourdes étaient sacrifiées.

L’opération s’effectuait la nuit alors que toutes les abeilles étaient rentrées. Le propriétaire, dûment protégé par un masque et des gants, prenait précautionneusement chaque panier à récolter et allait le déposer au dessus d’un trou dans lequel il avait mis à brûler une mèche de soufre.

Toutes les abeilles étaient asphyxiées, devenant donc inoffensives. Lorsque les abeilles étaient mortes, les paniers étaient emportés pour en extraire le miel et la cire. Les gâteaux de miel étaient découpés et déposés dans un grand récipient au fond duquel on avait placé une étamine. Les rayons étaient alors écrasés pour permettre au miel de couler. L’étamine contenant la récolte était nouée et accrochée à une poutre au dessus d’un récipient. Le miel pouvait alors couler et il ne restait plus qu’à faire fondre les rayons pour récolter la cire.

Dix-septième siècle

Ce n’est qu’au cours du XVIIème siècle que certains observateurs ont cherché à percer le secret de la vie au sein de la ruche. Les premiers tracés sont apparus à cette époque. On y rela­tait certaines croyances anciennes, telle la légende de la naissance des abeilles dans le corps d’un bœuf abattu. C’est au cours de ce même· siècle que va apparaitre une véritable science de l’apiculture, aidée par la création du microscope.

Dix-huitième siècle

Le XVIIIème siècle est celui des principaux découvreurs : REAUMUR publie ses “Mémoires pour servir à l’histoire des insectes” entre 1734 et 1742. Il construit une ruche vitrée expérimentale pour pouvoir observer le travail des abeilles. François HUBER, un naturaliste suisse, construit une ruche à feuillets qui va lui per­mettre d’excellentes observations sur la vie de l’essaim.

Histoire de l'apiculture Apiculture
Mémoire pour servir à l’histoire des insectes

Du dix-neuvième siècle à l’apiculture aujourd’hui

Avec le XIXème siècle apparaissent les premières ruches à cadre mobile. Elles vont constituer une véritable révolution dans l’exploitation des abeilles puisque l’apiculteur ne sera plus obligé d’asphyxier les abeilles pour effectuer la récolte du miel. PAIX DE BEAUVOYS invente les premières ruches à cadres réellement amovibles en aménageant un espace entre ceux-ci et le corps de la ruche. L’apiculture moderne est née, appelée encore “apiculture mobiliste” en opposition avec “l’apiculture fixiste” pratiquée jusque là.

Ces termes sont liés au fait que dans un cas il est possible de sortir un à un les rayons de la ruche, de les observer et de les remettre en place, alors que cette opération est impraticable dans un panier ou dans une caisse. Pendant longtemps, partisans de l’un et de l’autre système s’op­posèrent, et les tenants des deux camps échangèrent des arguments très virulents dont les revues de l’époque apportent l’essentiel.

Les “fixistes” reprochaient à leurs antagonistes de perturber la vie à l’intérieur de la ruche et de nuire ainsi à la famille du .ait des continuelles interventions. Les “mobilistes” évoquaient les massacres imposés par la récolte dans les paniers. Entre les deux tendances, s’inséra un clan partisan d’un système mitigé consistant à coiffer la ruche fixe par une hausse garnie de rayons mobiles.

Le nombre de types de ruches qui vit alors le jour fut impressionnant. Chacun cons­truisait son modèle avec des dimensions calculées. Les tenants des ruches à développement horizontal eurent pour chef de file G. de LAYENS, celles à agrandissement vertical furent défendues par DADANT, l’abbé VOIRNOT, mais le premier fabriquait des cadres plus longs que hauts alors que l’autre les voulait carrés. Il y eut des ruches triangulaires ou trapézoïdales voire en ogive. Outre les ruches en bois, on en fabrique en ciment, en tôle.

Bref, l’imagination ne manquant pas aux apiculteurs, les systèmes les plus divers virent
le jour. Peu à peu, tout cela se décanta et il nous reste aujourd’hui une apiculture moderne, à peu près rationnalisée et per­mettant une exploitation relativement facile des abeilles.

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